Critique - Assassin's Creed : Syndicate

par Mario J. Ramos

Assassin's Creed : Syndicate
Publié par Ubisoft
Développé par Ubisoft Québec
17 ans et plus
Disponible sur PS4, Xbox One, PC.

https://youtu.be/Ce8pHDpP4Js

Je vous avoue être devenu un peu fatigué des open world. C'est beau, c'est grand, c'est impressionnant, mais rapidement ce genre de jeu est devenu, ironiquement, très structuré. On finit par simplement déplacer notre personnage vers un point sur une carte et répéter les mêmes actions, en tenant pour acquis un monde dont on ne prend pas le temps d'explorer parce que les mécaniques de jeux ne l'encouragent pas. C'est d'ailleurs ce que les franchises Elder Scrolls et Fallout continuent à bien faire : créer un monde ouvert qui n'est pas juste un décor impressionnant, mais où chaque lieu, chaque rencontre donnent lieu à des interactions uniques.


Est-ce que Syndicate brise le moule que Ubisoft a établi avec sa franchise devenue annuelle? Non, mais il contient assez de nouveauté et fraîcheur pour en faire une des meilleures entrées de la série.


Londres, fin du 19e siècle, une ville où l'Ancien Monde est tiré, en criant, vers l’imminent 20e siècle par l’industrialisation. On y incarne Jacob Frye, arrogant et fonceur, et Evie Frye, réfléchie et discrète. Ce sont des jumeaux assassins qui ont pour mission de libérer Londres de l’oppression d'un puissant groupe qui contrôle principalement son secteur industriel florissant.


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La première chose qui frappe est la grande beauté du jeu. La période victorienne de Londres est recréée de façon plus que convaincante. On y retrouve l’ambiance tantôt lugubre, tantôt grouillante de la capitale britannique. Le tout accompagné d’une magnifique trame sonore généreuse en violons.


Si vous avez déjà joué à un jeu de la série Assassin’s Creed, vous serez en terrain connu au niveau de la jouabilité. Une grande carte à explorer, tout peut être escaladé, une tonne d’objets et coffres à collecter. Les missions consistent généralement à assassiner, libérer, kidnapper, infiltrer et voler des calèches. Le joueur a à sa disposition un arsenal d’armes variées pour attaquer de près ou de loin. Il obtient des ressources et points d’expériences qui servent à améliorer son équipement et ses habiletés.


Dans une des premières missions, on libère un train des mains de la gang ennemie. Par la suite, ce train devient notre base d’opérations qui est constamment en mouvement sur le chemin de fer qui traverse Londres. La carte est divisée en quartier, chacun contenant son lot de missions principales, secondaires et missions de conquête. Tranquillement, on libère un quartier après l’autre, bien qu’on ait accès à toute la carte dès le début.


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Comme il est habituel dans la série, on interagit avec des figures historiques, telles que Charles Darwin, Alexander Graham Bell, Charles Dickens, Karl Max, etc. Les missions de Charles Dickens, qui consistent à défaire des mythes sur des apparitions surnaturelles, sont particulièrement amusantes. Dans tous les cas, il est dommage qu’autant de missions finissent par de la violence et des meurtres. Sans doute, je ne devrais pas me plaindre de la violence dans un jeu qui porte le mot « Assassin » dans son titre, mais il est déplorable qu’autant de figures historiques soient réduites à des hommes qui règlent des problèmes par la violence, particulièrement quand on essaie d’intégrer des concepts socio-politiques.


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Empruntant à l’arsenal de Batman, un nouveau grappin qui permet d’escalader rapidement les immeubles ou de l’utiliser comme zipline pour traverser de grandes distances, est un ajout majeur qui améliore et rend plus agréables certains déplacements. Il faut dire que depuis Unity, les villes sont rendues à une échelle réelle, ce qui peut rendre l’escalade et les déplacements plus fastidieux. Dans Syndicate, il est également possible de se déplacer en calèche. Les poursuites et combats de calèche sont particulièrement intenses.


Il faut souligner l’effort que Ubisoft a déployé pour rendre ses personnages plus diversifiés. On peut jouer avec une femme, Evie Frye, qui est de loin le personnage le plus intéressant des jumeaux. Elle est autant capable que les hommes (sa canne de combat, son arme par défaut, est particulièrement badass!) et elle n’est pas sexualisée. Il y a également des femmes du côté des ennemis, également tout aussi capables et non sexualisées. On retrouve également de la diversification chez certains personnages secondaires alliés, comme un personnage au physique plutôt « rond » et un transsexuel.


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J’ai rencontré très peu de bogues en jouant. C’est toujours frustrant quand notre personnage ne s’accroche pas où on le voudrait ou ne réagit simplement pas comme on le souhaite dans une situation critique, mais ce sont des problèmes inhérents à la jouabilité et non des bogues. C’est le premier jeu majeur de la série développé par Ubisoft Québec. Ils ont eu plus de temps de développement et ça parait au niveau de la finition.


Assassin’s Creed : Syndicate ne réinvente pas la roue. Cependant, c’est un jeu à la jouabilité solide contenant quelques nouveautés, enrobée d’un contexte, des personnages et une histoire prenante.


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Points positifs
+ Londres du 19e siècle magnifiquement rendu
+ Nouveauté : le grappin
+ Evie Frye et personnages diversifiés


Points négatifs
- Ne réinvente rien
- La violence est toujours la solution
- Personnage ne réagit pas toujours comme on veut